1917: La Bataille du chemin des Dames

06/03/2017
1917: La Bataille du chemin des Dames

Après 1916 et les batailles de VERDUN et de la SOMME, l’année 1917 va être marquée en particulier par la trop célèbre et sanglante bataille du chemin des Dames. Plus de 100 000 poilus y seront mis hors de combat en 15 jours et cette hécatombe sera d’ailleurs à l’origine de mutineries.

Le général NIVELLE avait promis que le front allemand serait percé en l’espace de « 24 ou 48 heures » entre SOISSON et REIMS. Ce devait être la bataille décisive, « la bataille de France » ! Plus d’un million d’hommes avaient été rassemblés pour cela. Après un bombardement intensif de 8 jours sur les positions des feldgrau il ne devait plus y avoir aucune résistance et l’avancée des troupes françaises était prévue à une vitesse de 100 m toutes les 3 minutes… Plus de 5 000 canons avaient été rassemblés (un tous les 13 m) pour écraser chaque nid de mitrailleuses.

Le 16 avril, sous la neige et par un froid glacial, les poilus se lancent à l’assaut, quasiment « la fleur au fusils » puisque tout devait être anéanti par l’artillerie. Il n’en est absolument rien car les allemands avaient creusé des abris profonds, profitant des célèbres creutes (grottes) de cette région. Les vagues d’assaut tombent comme des mouches. C’est une véritable boucherie, les poilus sont découpés par les rafales des mitrailleuses. Les troupes françaises n’ont quasiment pas avancé.

Le 4 mai à CRAONNE, puis le lendemain à LAFFAUX, l’offensive est relancée avec l’armée de réserve. Mais rien n’y fait, l’hécatombe continue côté français. Le général PETAIN remplace le général NIVELLE alors que des mutineries se multiplient. Par unités entières, des poilus refusent de remonter au front « pour rien ». 3 400 condamnations sont prononcées, dont 600 à mort. Cependant, très peu seront exécutées. En juin, le général PETAIN a réussi à ramener l’ordre dans les rangs en mettant les hommes au repos, comme il l’avait fait à VERDUN.

Jusqu’à l’automne les combats vont se poursuivre sous forme d’attaques ciblées pour s’emparer de points hauts sur le plateau. Il y aura en particulier le 25 juin la prise de la célèbre « caverne du dragon ».

Le 24 octobre une nouvelle attaque d’envergure très circonscrite sera couronnée de succès avec la reprise du fort de La MALMAISON. Dans les jours qui suivront les allemands abandonneront définitivement le plateau du chemin des Dames.

Au total les pertes se monteront à quelques 200 000 hommes chez les français et 300 000 côté allemand.

 

Un « enfant » de Bouc Bel Air, le chasseur Henri ESCOFFIER, du 52ème BCA, est engagé en juin dans la région de Craonne. Pendant tout ce mois, avec son bataillon, il alternera combats en première ligne avec une succession d’attaques et de défenses dans le bois de Chevreux, et période de réserve un peu plus à l’arrière. Il aura la chance de survivre à ces combats et sera ensuite envoyé avec son bataillon dans la Meuse avant de revenir en Champagne à la fin de l’année.