Affaire de la cloche Volée : deux suspects identifiés
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Cet été, l’émotion avait gagné tout Bouc Bel Air : la cloche historique de 1763, l’une des deux plus anciennes de la commune, avait été volée. Entreposée dans les ateliers municipaux, elle attendait d’être nettoyée par l’association Bucco Memori avant de retrouver sa place dans le clocher, aux côtés de sa « sœur » de 1719 comme l’avait annoncé la municipalité. Ce trésor patrimonial de 450 kilos de bronze devait marquer le retour d’un pan de mémoire collective.
Fin octobre, deux suspects ont été identifiés. La cloche, quant à elle, aurait été détruite.
Une mobilisation exemplaire
Début octobre, la mairie avait lancé un appel solennel aux Boucains et à toutes les personnes de bonne volonté pour aider à la retrouver. L’information a rapidement circulé, relayée par les médias locaux et nationaux. Cette mobilisation citoyenne a permis d’accélérer les recherches et de maintenir la vigilance dans tout le département.
Un signalement décisif
Quelques semaines plus tard, un mail anonyme adressé à la mairie a tout changé. Ce message a permis aux enquêteurs de localiser la cloche… ou plutôt ce qu’il en restait. Elle avait été fondue et vendue au prix du métal… quelques centaines d’euros. Deux personnes ont été interpellées, dont un agent municipal. Si la découverte a laissé un goût amer, elle a aussi marqué la fin d’une enquête menée avec rigueur et efficacité par la gendarmerie et la police municipale.
Un témoin historique
Cette cloche de 1763 n’était pas une simple pièce de métal : elle racontait l’histoire de Bouc Bel Air. En 1792, la Convention nationale ordonne la réquisition des métaux appartenant au clergé : les cloches, en bronze, doivent être fondues. Chaque commune ne pouvait en conserver qu’une seule, destinée à alerter ou rassembler les habitants. La tradition locale raconte que les Boucains réussirent à en sauver deux : la première, datant de 1719, est toujours dans le clocher ; la seconde, celle qui a été volée, avait été réinstallée dans la tour de l'horloge, au cœur du vieux village médiéval. Suite à la destruction de ce bâtiment au XXe siècle, la cloche avait été stockée dans les ateliers municipaux et soigneusement entretenue par les employés de la mairie.
C’est donc avec stupeur que l’enquête a révélé que l’un d’eux aurait participé à son vol aux côtés d’un autre suspect. Alors que la valeur de l’objet était d’une valeur dix fois supérieure sur le marché de l’art, les deux individus auraient décidé de la vendre au prix du métal, pour quelques centaines d’euros, à un ferrailleur de Rognac.
Ils seront jugés au mois prochain par le tribunal d’Aix en Provence.
Un patrimoine blessé, mais vivant
La cloche n’existe plus dans sa forme originelle, mais son histoire ne disparaîtra pas. Elle avait survécu à la fonte révolutionnaire, sauvée par la solidarité des Boucains d’autrefois. Cette même solidarité s’est exprimée à nouveau aujourd’hui, rappelant combien l’attachement des habitants à leur patrimoine demeure fort.