Un lavoir pour l’histoire
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La municipalité va faire reconstruire à l'identique le lavoir sur le belvédère totalement réaménagé.
Une nouvelle ère commence pour le belvédère. Les Boucains vont reprendre possession de l'espace qui jouxte la mairie, hier occupé en grande partie par les voitures. L'aménagement du belvédère, avec aires de jeux et de pique-nique et six terrains de pétanque, a été imaginé avec le groupe de travail Coeur de ville.
Matériaux anciens
Une nouvelle ère donc mais qui ne fait pas table rase du passé. Au contraire puisque une évocation de l'ancien lavoir, détruit il y a plusieurs décennies, va être reconstitué. Avec des matériaux anciens et dans le respect de l’architecture provençale d’autrefois. Le témoignage d'une autre époque, celle où les maisons du vieux village ne disposaient pas de l'eau courante. Les Boucains n'avaient alors accès qu'à deux points d'eau, la fontaine et le lavoir. Tous deux étaient alimentés par la source située près de l'actuel chemin de la sorcière, grâce à une pompe hydraulique mise en service en 1894 et dont subsistent les vestiges. Ce n'est qu'à la fin des années 50 que le canal de Provence permettra d'amener l'eau dans chacune des habitations. Dès lors, le lavoir sera de moins en moins utilisé jusqu'à disparaître... avant de renaître.
Une femme lave son linge tout en surveillant ses deux jeunes enfants. En arrière-plan, le Pilon du roi trône en majesté. C'est une scène de la vie quotidienne que représente la fresque en bas-relief qui va être accrochée sur les murs du lavoir. Une scène à laquelle Francis Lévrino, qui a réalisé cette œuvre, a tant de fois assisté, après guerre. « J'allais souvent au lavoir pour aider des voisines à y porter leur linge », se souvient le Boucain, aujourd'hui âgé de 87 ans.
Après avoir déjà fait appel à lui pour reconstituer à l’identique la statue de la Mounine (la guenon en provençal) dérobée dans les années 80, la municipalité l'a donc tout naturellement sollicité pour retracer ce passé. Une tâche dont cet ancien contremaître d'imprimerie s'est acquitté avec talent. Initié au dessin et à la peinture par son père, à la fin des années 40, Francis Levrino s'est ensuite pris de passion pour la sculpture au milieu des années 70. Pour son plaisir. Et, aujourd'hui, pour celui des Boucains. « C'est un cadeau que je fais aux habitants de Bouc Bel Air. Une manière de leur rappeler l'histoire de leur commune. »