Une réponse à la congestion automobile
Bouc Bel Air connaît, comme de nombreuses communes attractives, un trafic particulièrement dense aux heures de pointe. Cette situation s’explique par son emplacement stratégique, qui attire chaque jour de nombreux déplacements internes et traversants. Le déploiement du Plan Vélo et des mobilités douces vise à répondre à cette réalité en offrant des alternatives concrètes à la voiture individuelle. L’objectif est clair : fluidifier les déplacements, sécuriser les itinéraires et améliorer le confort des trajets quotidiens.
Un schéma élaboré tous ensemble
La construction de ce plan ne s’est pas faite en vase clos. Habitants, usagers quotidiens, associations locales, services municipaux et comités de quartier ont été associés à chaque étape. Une première phase de concertation a permis de faire ressortir les besoins réels : identifier les zones à sécuriser, comprendre les trajets prioritaires, repérer les obstacles rencontrés par les cyclistes et les piétons.
Un groupe de travail a ensuite approfondi ces éléments, permettant d’aboutir à un schéma fidèle aux attentes du terrain. Cette démarche collaborative renforce la cohérence du projet et garantit que les aménagements proposés répondent effectivement aux usages du quotidien.
Le schéma Mobilités Douces a été soumis aux comités consultatifs de quartier durant l’été 2024. Ils ont donc pu donner leur avis sur les aménagements envisagés dans leur quartier.
Contraintes techniques et coordination inter-institutionnelle
La mise en œuvre du plan doit composer avec la configuration urbaine existante. Certaines voies étroites ne permettent pas l’installation de pistes cyclables complètes. De plus, la gestion des routes est partagée entre plusieurs autorités : commune, Département, Métropole, État. Cette diversité de compétences implique un travail de coordination important pour concilier les impératifs techniques, les règles d’aménagement et les calendriers de chacun. Malgré ces contraintes, le projet avance progressivement, secteur après secteur.
Une mise en œuvre progressive dès 2025-2026, pensée pour les familles
Dès 2025-2026, le premier grand itinéraire du schéma « le parcours bleu » permettra de traverser Bouc Bel Air du nord au sud sans rupture. L’une des ambitions majeures de ce tracé est de rendre les déplacements accessibles aux enfants, afin que les familles puissent se déplacer ensemble en toute sérénité. Sur les axes où la circulation automobile est importante, une voie séparée sera mise en place ; dans les secteurs plus calmes, un marquage au sol clair et une signalisation régulière garantiront la lisibilité du parcours.
L’enjeu est simple : proposer des cheminements où un adulte peut accompagner un enfant sans appréhension, à vélo comme à pied.
Pour atteindre cet objectif, de nombreux travaux vont être réalisés tout au long de l’année. Là où cela est nécessaire, de véritables pistes cyclables seront créées, notamment sur les zones très fréquentées comme la jonction entre la Mounine et l’Arena, afin de réduire les conflits d’usage et d’offrir un cadre rassurant pour les plus jeunes.
Dans d’autres secteurs, des interventions plus ciblées suffiront : abaisser un trottoir pour permettre le passage d’un enfant à vélo, remplacer une barrière gênante, poser un panneau de rappel, construire une petite passerelle au-dessus d’un ruisseau, tracer un marquage au sol plus lisible. À chaque fois, l’objectif est d’adapter l’espace public aux besoins réels des familles.
Le schéma des mobilités douces s’inscrit dans une approche globale d’amélioration du cadre de vie. Parallèlement aux aménagements cyclables et piétons, des travaux plus larges seront menés : enfouissement de réseaux, rénovation de revêtements, installation de nouveaux éclairages.
De Gardanne à l’Arbois
Le projet s’inscrit dans une vision à long terme. À terme, l’objectif est de créer des liaisons cyclables continues reliant Bouc Bel Air aux communes voisines, notamment Gardanne et le plateau de l’Arbois. Ces connexions nécessitent un dialogue renforcé avec les gestionnaires des axes structurants, mais elles progressent déjà grâce à des opérations préparatoires. L’ambition d’un réseau intercommunal cohérent se construit étape par étape, avec pour horizon la création de véritables continuités cyclables à l’échelle du territoire.
Une démarche au service de l’ensemble des habitants
Le Plan Vélo et Mobilités Douces constitue un investissement important au service du quotidien des Boucains. Il favorise des modes de déplacement plus sûrs, plus fluides et plus durables. Son déploiement progressif, fondé sur la concertation, l’adaptation aux réalités du terrain et la coordination entre acteurs publics, vise à doter la commune d’un réseau lisible et accessible, répondant aux attentes présentes et futures de ses habitants.
Une réponse à la congestion automobile
L’une des motivations des Boucains est d’éviter les embouteillages. La commune bénéficie en effet d’un emplacement géographique privilégié, qui la rend très attractive… mais génère un trafic routier trop dense aux heures de pointes. « Se déplacer autrement est l’une des réponses à cette congestion automobile » précise Richard Mallié. « C’est aussi un mode de déplacement qui a beaucoup de sens dans le concept de ville nature que j’ai initié en 2014. »
Si beaucoup de Boucains se sont mis au vélo, d’autres hésitent encore à sauter sur les pédales car ils craignent pour leur sécurité. Un sentiment largement répandu : au niveau national, 61% des non-cyclistes du quotidien avancent la peur comme explication.
« C’est pour cela que nous avons décidé d’élaborer un schéma de mobilités douces », réagit Dominique Bièche, conseiller municipal, délégué au développement durable et élu réfèrent Mobilités douces. « Le but est de garantir la sécurité des Boucains dans leurs déplacements à pied ou à vélo. » Les parcours sécurisés permettront de desservir tous les lieux fréquentés par le public : les écoles et le collège en premier lieu, les espaces sportifs et culturels, les lieux de vie associative, et, bientôt, tous les commerces.
Il concernera aussi, à terme, celles et ceux qui travaillent hors de la commune au travers d’aménagements sur les axes de circulation structurants.
Un schéma élaboré tous ensemble
Ce schéma est le fruit d’un travail collectif, associant toutes les parties prenantes. « D’abord, j’ai voulu que l’on écoute les cyclistes, les piétons, les usagers. Ceux qui vivent la route au quotidien », insiste Richard Mallié. La municipalité a donc organisé une réunion publique, en novembre 2023. L’assistance, un échantillon de la population très représentatif puisque les différentes zones de la commune étaient équitablement représentées, avait été répartie en une dizaine de petits groupes. Deux animateurs les avaient invités à travailler sur plusieurs questions. Quels sont les points bloquant le développement de la pratique du vélo à Bouc Bel Air ? Quels sont les trajets qu’ils souhaiteraient effectuer ? Quels sont les efforts individuels ou collectifs qu’il conviendrait de réaliser pour faciliter l’essor des mobilités douces ?
Dans la foulée de cette réunion, un groupe de travail a été constitué. Il était composé d’agents des services municipaux et d’usagers, en particulier de cyclistes, dont certains sont membres de l’ADAVA Pays d’Aix, cette association qui milite pour le développement des alternatives à la voiture. « En parallèle j’ai voulu une mobilisation de l’ensemble des élus et services pour chiffrer les travaux, trouver des subventions, mener des concertations avec les riverains », rappelle Richard Mallié.
Le schéma Mobilités Douces a ainsi été soumis aux comités consultatifs de quartier durant l’été 2024. Ils ont donc pu donner leur avis sur les aménagements envisagés dans leur quartier.
Des compétences éparpillées
L’élaboration ne s’est toutefois pas fait sans peine, dans une ville qui, comme toutes les villes de France, n’a pas été pensée pour le vélo mais est calibrée pour la voiture… et elle seule. Un exemple ? Certaines routes sont trop étroites pour les partager.
Surtout, la répartition des compétences entre les collectivités a ajouté de la complexité. Si de nombreuses voies sont sous la responsabilité de la commune, d’autres, les plus empruntées, celles que l’on appelle les axes structurants, sont souvent gérées par le Département, la Métropole ou l’État.
« La logique aurait voulu que, pour développer un schéma mobilités douces, nous commencions par les axes structurants » confie Thomas Bergère, Adjoint au maire, délégué aux grands travaux et élu réfèrent Mobilités douces. « Mais vu le temps que cela aurait pris pour trouver un terrain d’entente avec tous ces acteurs, nous avons souhaité que l’on se concentre en premier lieu sur les axes secondaires, qui, eux, relèvent de la compétence de la commune. L’idée, c’est de créer des alternatives aux axes structurants en attendant qu’ils soient aménagés. Et ils le seront un jour car on ne baisse pas les bras. Mais nous voulions offrir une solution immédiate aux Boucains pour qu’ils puissent se déplacer en vélo ou à pied, sereinement. » Le marquage des voies cyclables de RD8N sera, par exemple, intégralement repeint en 2025-2026 même si la route ne fait pas encore partie du parcours bleu car il n’est pas éligible à ses critères.
Possible de circuler avec ses enfants
Une solution immédiate ? Oui, dès 2025-2026 pour le parcours bleu qui permettra de traverser Bouc Bel Air, du Nord au Sud et inversement, « sans aucune discontinuité et en toute sécurité » rappelle Bernard Partiot, qui a piloté le projet. Le critère d’appréciation de la sécurité est simple, il doit être possible de circuler avec ses enfants sur ces axes. Sur une voie distincte lorsque la route est très fréquentée par les véhicules. Ou sur la chaussée, avec un simple marquage au sol et des panneaux, lorsque celle-ci n’est empruntée que par un nombre réduit de véhicules roulant à faible allure.
Une multitude de travaux d’aménagement vont donc être menés tout au long de l’année, pour créer de véritables pistes cyclables, là où c’est possible et nécessaire. Le plan prévoit des travaux importants pour sécuriser les zones très fréquentées par les véhicules, à l’image de la jonction entre la Mounine et l’Arena.
Dans d’autres lieux, des travaux plus simples seront suffisants. Il faudra par exemple raboter un trottoir ; remplacer une barrière ; ajouter un panneau ; construire un petit pont pour franchir un ruisseau ; couler une rampe ou bien encore effectuer un marquage au sol… et dans tous les cas matérialiser les parcours par du panneautage régulier
Mais le projet va bien au-delà du déplacement piétonnier ou cyclable. Les travaux d’aménagement s’accompagnent en effet de l’enfouissement de réseaux, de la rénovation de revêtements de routes, de l’implantation de nouveaux éclairages, etc. C’est donc une opération qui va bénéficier à tous et même aux Boucains qui ne se déplacent pas encore à pied ou à vélo.
De Gardanne à l’Arbois
« Mais à terme, notre objectif est que tout le schéma Mobilités, actuellement en orange passe en bleu » explique Yann Pertuisel, Adjoint au maire. « Y compris sur les axes structurants. » Et de donner l’exemple de l’avenue Thiers, sous la responsabilité du Conseil départemental. Pour terminer l’aménagement de la voie cyclable, celui-ci exigeait que les arbres la bordant soient coupés.
« Mais les discussions se poursuivent et j’ai bon espoir que la voie cyclable soit achevée dans les deux années qui viennent » précise Richard Mallié. « Le dossier avance, lentement, mais il avance, comme le prouve l’enfouissement des réseaux qui a eu lieu récemment. Je suis convaincu que, dans un avenir proche, une voie douce reliera Gardanne à l’Arbois. Comptez sur moi pour que ce rêve voit le jour car même si je quitterai mes fonctions de maire prochainement, je resterai conseiller départemental ! »